Qui sait si le ridicule ne tue pas en définitive ?

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire part d’une anecdote à laquelle un journaliste du Süddeutsche Zeitung a consacré il y a quelques jours un billet humoristique.

La scène se déroule un vendredi soir à 19h30 au cœur de Munich où le mouvement PEGIDA (Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes soit, en français, « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident ») a depuis l’automne dernier pris l’habitude de diffuser un enregistrement d’un appel à la prière à un niveau sonore vraisemblablement jamais atteint dans le monde musulman par aucun muezzin. Pour qui en douterait encore, les organisateurs de cette maltraitance auditive ne sont nullement subventionnés par la corporation des audioprothésistes bavarois, mais souhaitent ce faisant alerter leurs compatriotes de ce qui risque soi-disant de déferler sur notre société si elle reste sourde au message de PEGIDA ou de l’AfD (Alternative für Deutschland soit « Alternative pour l’Allemagne »), son avatar politique.

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Alea jacta est !

British People Said “LEAVE“

Le sort en est jeté : le Royaume-(dés)Uni a dit non à l’UE et s’apprête donc à plus ou moins longue échéance à tirer – comme il sied à une monarchie – sa révérence.
En d’autres temps, maint peuple – qui n’était pas encore souverain – a affirmé son droit à disposer de lui-même de manière autrement plus brutale ce qui valut parfois à ceux qui se croyaient à sa tête pour les siècles des siècles de perdre la leur… Raison pour laquelle je ne parlerais pas personnellement de cataclysme, mais de coup de semonce qui, s’il permet à ceux « qu’on nomme grands »* de comprendre enfin que l’on ne saurait faire l’Europe sans ou contre les Européens, aura en définitive été salutaire.

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Ouf, on a eu chaud !

Enfin, c’est surtout l’Autriche qui a eu chaud. Pour ceux parmi vous qui n’auraient pas « tilté » comme dirait ma copine Sabine quand elle se lâche, je fais allusion aux élections présidentielles autrichiennes dont le second tour s’est tenu dimanche dernier et a vu la victoire du candidat soutenu par les écologistes sur l’avatar masculin de Marine Le Pen.

Il est vrai que l’Autriche, vue de France, peut paraître bien éloignée. Il en va différemment ici, dans cette Bavière qui, si elle ne m’a pas donné le jour, m’est devenue une seconde « patrie » – à défaut d’un équivalent français satisfaisant du mot allemand »Heimat«. Vue de Bavière en effet, l’Autriche c’est la porte à côté ou sur une carte, une des bonnes vieilles cartes Vidal-Lablache de notre lointaine scolarité, c’est à droite et en dessous. Sans être cernés, nous ne pouvons donc qu’être concernés, proximité géographique et culturelle oblige.

Mais France et Autriche sont plus proches l’une de l’autre qu’on pourrait le penser.

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Et si on dépoussiérait les classiques ?

C’est ce que fait Nathalie Azoulai dans son dernier livre, Titus n’aimait pas Bérénice, paru en septembre 2015 chez POL et couronné dans la foulée par l’un des innombrables – quelque 2 000 quand même ! – prix littéraires français. Créé en 1958, le Prix Médicis, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se proposait alors dans la mouvance du Nouveau Roman de « sauver les livres de la décadence des autres prix et récompenser la qualité d’un style », rien de moins. Apparentées aux bonnes résolutions que l’on prend en début d’année et qui ne survivent généralement pas à l’arrivée du printemps, les bonnes intentions, elles, ne résistent guère à l’épreuve des faits et autres impératifs commerciaux. Bientôt rentré dans le rang, le jury du Médicis aurait-il à l’automne dernier cherché à renouer avec ses critères originels d’attribution en distinguant une auteure qui n’est pas précisément une familière des listes de bestsellers ?

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« Quelle connerie la guerre ! »

Non contente de faire de quasiment chacune des journées de son calendrier la journée mondiale de quelque chose (amitié, bonheur, gentillesse, droit d’auteur, liberté de la presse…), notre époque a également la commémoration inflationnaire. Et encore, on nous en épargne beaucoup. Cette année, comme chaque année, les occasions seraient si nombreuses – fondation du Mont-Saint-Michel (966), arrivée de Léonard de Vinci en France (1516), mort de Diane de Poitiers et de Nostradamus (1566), mort d’Anne d’Autriche et de François Mansart (1666), naufrage de La Méduse et invention du stéthoscope par Laënnec (1816), découverte du site de Solutré et naissance de Kandinsky (1866), etc. – que l’on ne ferait plus que ça ! Alors on, c’est-à-dire pour les célébrations nationales le Haut comité desdites, hiérarchise pour aboutir à une liste soumise au ministre de la Culture qui tranche.
Cela étant, à défaut d’être tous retenus, les événements dont ceux que je citais précédemment n’en ont pas moins réussi à échapper aux oubliettes pour ne pas dire aux culs-de-basse-fosse de l’Histoire, où moisissent entre autres les cohortes de tous ceux qui occupèrent un temps le devant de la scène, firent trois petits tours et s’en allèrent emportant avec eux jusqu’au souvenir de leur existence.

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Marie-Odile Buchschmid
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