O.K. Corral aux confins de la Bourgogne

A l’heure où j’avais, comme tout le monde, les yeux rivés sur les Etats-Unis, je ne pensais pas devoir m’inquiéter en outre du sort de la démocratie dans ma commune d’origine.

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Châtillon-sur-Seine, c’est le nom de ce chef-lieu de canton de Haute Côte-d’Or lové dans un méandre de la Seine qui, à seulement quelques dizaines de kilomètres de sa source, ne se prend pas encore pour un fleuve. Cette « ville dans un parc » possède bien des atouts* qu’elle réserve, en l’absence de sortie d’autoroute ou de desserte TGV à proximité immédiate, aux happy few qui, farouchement décidés à s’y rendre, auront l’occasion grâce au périple qui les attend – surtout s’ils ne sont pas motorisés** – de (re)découvrir la France profonde et/ou la lenteur.

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Nécrologie ante mortem

Combien de volées de bois vert Christine Boutin n’a-t-elle pas reçues en annonçant sur Twitter le 21 septembre dernier la mort de Jacques Chirac ?! Réactions outrées et légitimes du reste, l’intéressé étant à ce jour, et donc à plus forte raison ce jour-là, toujours vivant – à défaut de l’être bien…

Aussi me suis-je demandé dimanche dernier (16 octobre) après avoir regardé sur France 2 le documentaire intitulé « Jacques Chirac, l’homme qui ne voulait pas être président » si France Télévision n’allait pas connaître le même sort que Mme Boutin. En effet, le film présenté par le journaliste Laurent Delahousse aux téléspectateurs n’était selon moi rien d’autre qu’une nécrologie. Je dirai même une nécrologie en bonne et due forme si j’en juge par l’usage qu’ont fait dans leurs témoignages la plupart des (plus ou moins) proches de l’ancien président de la République de l’imparfait, ce temps qui vous envoie ad patres en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je m’attendais à apprendre le décès de Jacques Chirac dans les 24 heures, c’est dire. Or, à l’heure qu’il est, ce dernier est toujours parmi nous… et France 2 n’a encouru les foudres de personne.

Je ne sais si Jacques Chirac apprécie (appréciait 03 ?) un autre Jacques (Brel) mais si tel est (était 03 ?) le cas, il pourrait tout à fait reprendre à son compte, en guise de pied de nez à tous ces empêcheurs de mourir à son heure, les vers qui concluent La Chanson de Van Horst :

« Je suis un mort
Encore vivant » !

Horripilant !

Entendu ce matin sur France Inter durant l’émission L’Instant M :

L’Instant M « Je comprends pas qu’est-ce qui vous surprend… »

Inutile de révéler qui a ainsi maltraité la grammaire française, la phrase citée n’étant qu’un exemple parmi tous ceux qui depuis plusieurs années écorchent régulièrement mes oreilles. Je précise que je ne m’en prends pas ici à l’omission (quasi systématique) de l’adverbe de négation
« ne » en français parlé, mais bien à l’utilisation de « qu’est-ce qui » dans une proposition interrogative indirecte. A ma connaissance, la règle selon laquelle dans l’interrogation indirecte « qu’est-ce qui » est remplacé par « ce qui » est toujours en vigueur – si tel n’était plus le cas, de grâce dites-le-moi. Il eût donc fallu dire :
« Je (ne) comprends pas ce qui vous surprend. »

Cela étant, je redoute fort qu’en vertu du principe dit d’économie linguistique, l’usage de la simplification dénoncée ci-avant ne se répande un jour, moins éloigné que je ne le pense, au point de rendre obsolète l’application de la règle de grammaire…

Pas très catholique tout ça !

Lors de son face à face télévisuel du mois d’avril avec des Français triés – à n’en pas douter – sur le volet, François Hollande avait constaté le ralentissement de la progression de la courbe du chômage tandis que nous, nous pouvions constater que ce procrastinateur devant l’Éternel avait peut-être enfin décidé de faire ses devoirs en s’attelant à la réalisation de son objectif majeur. Quoi qu’il en soit, l’Insee* annonçait le 18 août dernier, ô miracle, la baisse du taux dudit chômage de 0,3 point au deuxième trimestre et à 9,6 % de la population active, meilleur résultat depuis fin 2012.

Impossible toutefois pour le président de la République de se réjouir ouvertement sous peine de voir l’enthousiasme, légitimement engendré par la conscience du devoir accompli, aussitôt froidement douché par le rappel de la polémique du moment.

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Marie-Odile Buchschmid
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