Über mich

 

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1964 in der Senfstadt Dijon geboren, lernte ich anlässlich eines Aufenthaltes in Schleswig-Holstein die deutsche Lebensart kennen und goutierte sie so sehr, dass ich nach Beendigung meines Germanistikstudiums einer Karriere als Deutschlehrerin sowie meiner französischen Heimat den Rücken kehrte, um jenseits vom Rhein mein Glück zu versuchen.

Im Großraum München ergab sich bald die Möglichkeit, Französisch zu unterrichten, was mich dazu bewegte, nebenher FAF (Französisch als Fremdsprache) zu studieren. Im Laufe der Jahre erweiterte sich mein Kompetenzbereich um neue Standbeine. Mittlerweile als freie Autorin, Redakteurin und Übersetzerin tätig lebe ich nach wie vor im Umkreis der bayerischen Landeshauptstadt und bin seit September 2015 stolze Besitzerin eines deutschen Passes.*(Mit der freundlichen Genehmigung von Conbook Verlag)

(Photo © Romy Buchschmid)

 

Châtillon-sur-Seine

Eglise Saint Vorles dominant Chatillon sur SeineChateau ducs Bourgogne Chatillon sur Seine

C’est dans ce chef-lieu de canton bourguignon que j’ai passé mon enfance à l’instar de l’écrivain-poète Francis Carco (1886-1958) à qui je rendais hommage dans ce texte de 2014 :

Me serais-je jamais intéressée à Francis Carco s’il n’avait vécu à Châtillon-sur-Seine, la ville dont je suis moi-même originaire ? Châtillon où un rond-point, une école, un quartier portent son nom, perpétuant le souvenir de ce mal aimé des histoires de la littérature et autres programmes scolaires.

Je devais avoir 15 ou 16 ans lorsque mon mentor, Michel Serex, me prêta Mémoires d’une autre vie, livre dans lequel Carco renoue avec son passé châtillonnais. J’entamai la lecture de la première page :
« Il y avait trente ans que je n’étais revenu dans ce pays, et je gravissais, lentement, le raidillon de l’église, lorsque le jour tomba. Une brume légère, qui flottait sur les prés, sentait l’eau, l’herbe humide, la terre, la feuille pourrie. En haut de la côte, à droite, le mur du cimetière prolongeait les remparts du château dont il ne reste qu’une tour massive et qu’un pan de maçonnerie prolongé d’un donjon ébréché, noirci par l’âge et creux comme un verre de lampe. La découpure des arbres, massés devant le porche de l’église et son clocher de tuiles, barrait la perspective... »
Ces lignes, où la poésie ne le cède en rien à la nostalgie, « [produisirent] un effet extraordinaire »* sur moi : je me retrouvai soudain à cheminer aux côtés de l’auteur, percevant comme lui les senteurs de l’hiver cependant que les silhouettes familières de Saint-Vorles et de la tour de Gissey revêtaient leur manteau de brume.
A cet ouvrage paru en 1934, je dois d’avoir pris conscience de mon attachement à cette ville qu’il me tardait pourtant de quitter, car « chacun a son destin. Le mien n’[était] pas dans cette retraite »**. Le jour venu, je laissai derrière moi les lieux de l’enfance. Quelques années plus tard, je m’en éloignai davantage encore, mettant une frontière entre nous. Mais comme, quoiqu’on en dise, on emporte bel et bien sa patrie à la semelle de ses souliers, je glissai Mémoires d'une autre vie dans mes bagages. Depuis, il me suffit de repérer du regard le livre dans ma bibliothèque pour à nouveau flâner avec son auteur dans les rues de Châtillon. Ce que la madeleine fut à Proust, Carco l’est à la Châtillonnaise qu’au fond de moi je suis restée…

*Mémoires d'une autre vie
**Ibid.

Châtillon a aujourd’hui la saveur douce amère des souvenirs que je retrouve dans la chanson que l’auteur-compositeur-interprète Damien Saez a consacrée à la ville de mon enfance.

 

Marie-Odile Buchschmid
Rehweg 38
85598 Baldham

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