Alea jacta est !

British People Said “LEAVE“

Le sort en est jeté : le Royaume-(dés)Uni a dit non à l’UE et s’apprête donc à plus ou moins longue échéance à tirer – comme il sied à une monarchie – sa révérence.
En d’autres temps, maint peuple – qui n’était pas encore souverain – a affirmé son droit à disposer de lui-même de manière autrement plus brutale ce qui valut parfois à ceux qui se croyaient à sa tête pour les siècles des siècles de perdre la leur… Raison pour laquelle je ne parlerais pas personnellement de cataclysme, mais de coup de semonce qui, s’il permet à ceux « qu’on nomme grands »* de comprendre enfin que l’on ne saurait faire l’Europe sans ou contre les Européens, aura en définitive été salutaire.

 

A en juger par ce qui se passe de l’autre côté de la Manche depuis l’annonce des résultats, il semblerait que certaines victoires laissent abasourdis et les vaincus et les vainqueurs ! Boris Johnson n’a-t-il pas déclaré : « Nous ne pouvons pas tourner le dos à l’Europe. Nous faisons partie de l’Europe. » ? Quant à Nigel Farage, qui promettait en cas de victoire du “Leave“ que les 350 millions de livres versés par le RU à l’Union européenne chaque semaine, seraient affectés au renflouement du système de santé britannique, n’a-t-il pas reconnu, visiblement mal à l’aise, d’une part qu’il ne pouvait garantir que tel serait le cas, d’autre part que cette promesse était l’une des erreurs commises par son camp ?! Question on ne peut plus légitime : les plus farouches partisans du Brexit ont-ils jamais pensé/souhaité l’emporter ?

Cela me rappelle l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002 et l’impression qu’il donnait d’être confronté à un scénario que lui-même n’avait à aucun moment envisagé. Impression d’ailleurs confirmée en 2015 par le fondateur du Front national à l’occasion d’une interview à la revue Society : « En 2002, c'est vrai, j’ai envisagé avec une certaine angoisse qu’il y ait une déferlante populiste. Je ne suis pas spécialement un homme politique qui a la réputation d'être peureux mais je sais évaluer le danger. Quand vous vous retrouvez dans l’hypothèse d'être président de la République alors que vous n'avez pas l’appareil pour le faire, vous ne trouvez pas que ça puisse susciter légitimement une impression d’angoisse? ». La grande différence entre le père et sa fille, c’est que Marine, elle, se chauffe d’un tout autre bois et ne se satisfait pas du rôle de croquemitaine.

Mais revenons à nos moutons grands-bretons qui ne veulent donc plus se laisser manger la laine sur le dos par l’UE.
Il n’aura échappé à personne que le football, Euro oblige, a envahi les grilles de programmes des médias. La défaite, le 25 juin dernier, de l’Irlande du Nord, favorable au “Remain“, face au Pays de Galles, partisan lui du “Leave“, n’a de toute évidence rien à voir avec l’électrochoc administré par le Royaume-Uni à l’Europe. Je ne peux cependant m’empêcher de lui attribuer, en raison de la concomitance des deux événements, une portée symbolique.
Autant vous dire qu’après que l’Angleterre, également pro Brexit, eut été boutée hors de la compétition deux jours plus tard, je ne donne vraiment pas cher de la peau du Pays de Galles en quart de finale. Quelle est en effet le pays adversaire du seul rescapé britannique ? La Belgique. Capitale ? BRUXELLES !

*Boris Vian dans la toute première version de Monsieur le Président interprétée en 1954 par Mouloudji.

Marie-Odile Buchschmid
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